Le weekend dernier mon Maître m’a fait découvrir une manifestation particulière que j’ai vraiment beaucoup aimé.
Nous sommes allés, au terme d’un long et pénible voyage sous la pluie, à Munich, au Boundcon. Convention de bondage et fétichisme, le spectacle y est roi, et mes yeux, mon esprit furent comblés.
Dans les stands de très belles choses étaient exposées, meubles, bijoux, accessoires en verre ou en métal, de très beaux objets. Des vêtements aussi, de quoi remplir la garde-robe d’une soumise ou d’une domina. De quoi aussi révéler et faire vivre les fantasmes les plus fous.
Je suis tombée sous le charme de bien des looks fascinants, mais mes préférés furent trois chiens et une pony girl tout à fait adorable. Peut-être est-ce là mon amour pour les animaux qui s’exprime (sourire).
Toujours est-il que ce fut une soirée de formidable découverte, des gens, des regards, des attitudes, mais aussi dialogues au coin d’un stand, rencontre et retrouvailles, clins d’œil entre filles, regards envieux lorsque mon Maître essaya un martinet sur mon dos.
« Mon regard chavire dans l’instant, mon esprit glisse sur ma peau, la sensation délicieuse et parfaite m’emporte. »
Ces quelques secondes d’abandon secouent les regards, plonge certain dans l’envie. Mais la promenade se poursuit. Moments furtif comme celui-ci, une jeune italienne se fait fesser puis fouetter avec une corde, d’autres voyagent au travers d’un shibari. Foule, spectacle, mais aussi intimité et rêve. Un mélange formidable pour mon esprit curieux et inquisiteur.
Merci Maître Râ pour m’avoir offert cette expérience et ce weekend de bonheur.
Découverte
Acte de… soumission
Les séances sont un peu au repos, très espacées, plus douces, mais pas moins intenses.
Maître Râ a décidé qu’il ne voulait pas être l’esclave du BDSM, et je l’approuve totalement.
Il ne veut pas non plus être celui des besoins ou des manques de ses soumises. C’est normal, c’est lui le Dom, c’est lui qui décide, c’est lui qui dirige.
Moi, cela me convient très bien. De toute façon, en ce qui me concerne, c’est précisément l’intensité de la séance qui m’intéresse, la force des voyages qui me fait du bien. On peut atteindre ce but de bien des manières, mais l’aigre doux d’un shibari version japonaise ou SM relativement soft convient parfaitement.
Imprégnée durablement, je n’ai pas besoin de pratiquer très souvent. Certes, je peux aussi tomber dans l’addiction, cela m’est arrivé. Mais savourer les séances pour ce qu’elles sont, avec un délicieux plaisir du moment, et non un besoin viscéral voir douloureux, est un plus à n’en pas douter.
Être aux pieds de son Maître, dans sa main, par plaisir, par désir et non par besoin, quand Lui le souhaite, voilà pour moi la vraie soumission.
Oui bien sûr…
Oui bien sûr, je le sais. Je sais que rien ne va plus. Je sais que je n’ai plus beaucoup d’années d’existence acceptable devant moi. Je sais que cela est injuste, que cela me met en colère, que cela me fâche contre mon corps ingrat. J’ai eu bien des fois envie de le punir, et d’ailleurs je l’ai fait.
Il est temps de changer, de mettre fin à la vengeance, au désir d’avoir mal pour se sentir vivre envers et contre la douleur. Le temps est à la raison maintenant.
Je ne veux plus souffrir, plus pour rien en tout cas. Plus de SM pur et dur. Fini tout cela. Je veux faire vivre mon corps à travers des voyages, des sensations, des ressentis. Certes ils peuvent être vifs, brûlants, piquants, le temps de m’emmener ailleurs, là où mon Maître le souhaite. Ils peuvent être ce qu’il désir pour construire cette symbiose, cette union momentanée qui porte la séance au bout du voyage. Je sais qu’ils seront entrecoupés de douceur et de tendresse, porteuse de cette acceptation de non-violence contre moi.
La souffrance, la violence, viendront toutes seules en leur temps, donc d’ici là, je veux vivre le bonheur, la douceur, dans la vie comme dans le BDSM, surtout dans le BDSM.
Le papillon
Les cerisiers sont en fleurs, et autour de moi les pétales blancs dansent dans l’air tiède.
Je suis une chenille, simple, inachevée, comme nous le sommes au début d’une vie, d’une action, d’une expérience, ou d’un voyage.
Je suis une chenille, et autour de moi les pétales blancs continuent de danser.
Contre ma peau, lentement et pourtant avec une forme de frénésie, mon cocon se tisse. Serré, parfois très serré, dans lequel je pourrais me sentir à l’étroit. Mais pourtant non, je sais que j’en sortirais, différente à l’évidence.
Autour de moi les pétales blancs dansent.
Le cocon se serre. Il m’entoure complètement. La main mystérieuse et magique qui la guidé m’a emportée avec elle, chaque brin, chaque fibre me caresse, me pince, tiraille, m’embrasse. Je les sens, je suis vivante.
Autour de moi les pétales blancs dansent toujours.
Et puis voilà, c’est l’apogée, le moment où tout change, où je m’accomplis. Les milles couleurs de la vie m’apparaissent, moi qui étais pauvre chenille me voilà transformée. Avec cette joie, mais aussi cette langueur qu’apporte les choses accomplies, voilà que mes liens se défont, me libèrent, avec tendresse, prolongeant

le moment de plaisir, de bonheur de ces premiers instants de transformation.
Et autour de moi dansent toujours les pétales blancs.
Je me découvre doucement, j’écoute à travers les liens du cocon ce que me dit ma peau toute neuve. Je suis autre. Plus grande, plus vivante, plus belle. Je le sens, je ne le vois pas. Mes yeux sont encore clos, tout s’est passé dans le silence de la cécité. Juste la caresse, elle me dit tout. Elle me parle. Oh toi, invisible, comme ton langage est doux.
Les pétales blancs dansent dans la douceur de l’air tiède.
Je reviens à moi, dénudée, libérée, émue et frémissante sous la caresse tiède. Et là je sens, dans un dernier frisson de bonheur, mes ailes s’ouvrir et se déployer. Toutes les couleurs du plaisir y sont peintes. J’étais simple chenille et entre tes mains je suis devenue papillon.
Autour de nous dansent les pétales blancs…

Romantisme et BDSM
J’écrivais l’autre jour sur certains de mes souvenirs romantiques qui remontaient à la période pré-BDSM. Cela m’a poussée à chercher les moments qui m’ont touchée depuis que je pratique cet art.
Il est bien évident qu’une femme de ma sensibilité et de mon romantisme ne peut qu’avoir connu de tels moments, surtout avec un Maître tel que le mien. Même s’il ne l’est pas particulièrement lui-même. Quoi que… Romantique peut-être pas, mais gentlemen certainement. Un homme qui vous tient la portière, qui vous aide à mettre votre manteau, ou qui vous ouvre la porte, ne peut, à un moment ou un autre, que vous offrir un tendre moment de romantisme. Et en ce qui me concerne, il m’en a offert beaucoup. Il y en a eu, il y en aura certainement encore. Je vous passerais donc les merveilleux couchers de soleil, y tout, pour vous livrer ceux encore plus touchant du BDSM.
Car pour moi, quoi de plus romantique que l’appartenance. Être à genoux devant son maître, lui offrir en toute humilité sa personne, ou lui baiser les pieds pour le remercier, avec au fond de sois cette vibration de bonheur, voir son regard se plonger dans le mien et en prendre possession, ces images, ce vécu est le plus fortement romantique de ce que la vie peut m’offrir.
Sentir ses bras m’entourer avec cette force possessive ou contenue qui me donne l’impression d’exister pour lui, oui, c’est aussi cela, ma vision du romantisme. M’assoir au sol près de lui, et poser ma tête sur ses genoux, pleine de gratitude, est le moment le plus doux qu’il puisse être, hors du temps et de la vie.
Je me souviens de notre premier anniversaire, où nous avons laissé couler des larmes d’émotion en échangeant nos vœux de poursuivre notre relation, et le suivant également. Que de force, que de conviction, que d’amour dans cet instant-là.
Oui, le BDSM peut vraiment offrir des moments très romantiques qui valent largement ceux, plus courants, de la vie vanille. J’espère en vivre encore beaucoup d’autres auprès de mon Maître adoré.
Première expérience de masque à gaz
Que pourrais-je dire si ce n’est wouaw ! Vraiment étonnant. Vraiment surprenant.
Je m’étais imaginé bien des choses à propos de cet objet. Il est vrai que j’en avais un peu peur, claustrophobe comme je suis. Mais depuis quelques temps, je dois avouer, et certainement grâce à Maître Râ, je le suis moins.
J’avais eu à en essayer lors de cours de protection civile, mais rien à voir, je dois dire.
Le temps est passé, l’eau sous les ponts aussi. Et j’ai changé, indiscutablement.
Le model de masque à gaz est russe. Bien enveloppant, bien étanche. La première chose qui m’a touchée est l’odeur. Cette odeur de caoutchouc qui rend malade certain, et qui moi, m’a excitée. J’aime cette odeur, elle a quelque chose de spécial qui m’imprègne jusqu’au cerveau.
Et puis le bruit, celui étouffé de la respiration, totalement surréaliste pour un esprit comme le mien.
Mon Maître m’observait avec la plus grande attention, curieux peut être lui aussi, de voir ce que j’allais vivre, inquiet certainement des réactions que je pourrais avoir.
Tout c’est bien passé. Mieux que ça même, puisqu’encouragé par mon calme, Maître Râ c’est aventuré sur le terrain du contrôle de la respiration. J’ai adoré !
Il a tout d’abord obstrué l’ouverture, m’obligeant à contrôler la suffocation. Puis, un peu plus tard, il m’a fait respirer dans un sac plastique. Impressionnante la sensation. Tout d’abord je me suis sentie de plus en plus détendue, mes muscles se relâchaient, puis un léger vertige, la tête qui tourne et une sensation de bien-être. Envie de fermer les yeux et de se laisser aller… je ne sais où.
Mon Maître a enlevé le sac, et je suis immédiatement revenue à mon état normal. Je comprends mieux maintenant la jouissance que le co2 peut provoquer. C’est une expérience que j’ai vraiment envie de revivre.
Un peu plus loin dans le jeu, mon Maître a renouvelé l’obturation de l’ouverture, mais en m’insufflant l’air de sa propre alène. Là aussi, expérience forte pour moi. C’était comme s’il faisait passer la vie de lui à moi. Comme sentiment d’appartenance il est difficile de faire plus fort. C’était un peu comme s’il entrait en moi.
Je vibre encore de tout cela. Je porte encore en moi cette sensation, ces sensations devrais-je dire. Et je sais que cela va durer jusqu’à la prochaine séance.
Pour ce que vous m’avez fait vivre, Maître, je suis à vos pieds, plus à vous que jamais.
La violette
Oh combien j’en avais envie ! Ah oui. Mais je n’en parlais plus trop, je la gardais dans un petit coin de mon esprit.
Et puis voilà. Après m’avoir savamment attachée, mon Maître l’a sortie de sa mallette.
Sous la plante des pieds, oh oui ! J’adore. J’ai la plante des pieds d’une sensibilité intéressante, presque une zone érogène. Alors lorsqu’il se mit à la travaillé j’étais en plein délice. Et puis les jambes, entre caresse et brûlure. Les fesses, d’autres sensations encore, comme un découpage au scalpel, fascinante. Le bas du dos, des dessins à la pointe de feu, une sensation de cautérisation, que du bonheur. Et le feu d’artifice, l’entre jambe, le vagin, l’anus, mais surtout le clitoris, qui me foudroya avec un orgasme si violent et immédiat, qu’il me laissa en pleine stupéfaction.
C’est vrai, je le pense bien, la violette laisse l’officiant un peu frustré parce qu’il participe de loin à ce qu’il fait, mais je prends ce moment de plaisir comme un pur cadeau, et là encore, une infinité de merci, mon Maître, pour ce que vous m’avez offert.
Je ne suis que reconnaissance, humblement à vos pieds,
Votre dévouée Saphir
Jouissance
Le plaisir et la jouissance sont choses variables et changeantes, quelques fois pour les autres, toujours pour moi. Selon le vécu, les fantasmes, lorsqu’ils ont été consommés, changent ou disparaissent.
Les choses qui m’excitaient il y a quelques années ou même quelques mois, ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui. Et quelque fois la difficulté est de chercher ce qui a changé et où se trouve le nouveau plaisir, la chose qui va faire renaître l’excitation ou le désir.
C’est souvent par hasard, au détour d’un jeu, que cela arrive. D’où le besoin d’un jeu varié et renouvelé. En cinq ans, je peux dire d’ailleurs que les choses ont bien changé, et grandement évolué.
Ceci pour dire qu’au détour d’un moment d’abandon et de plaisir, j’ai pu constater qu’une certaine forme d’étouffement m’excitait, et même beaucoup. Il est vrai que dans le plaisir, certains plaisir en tout cas (ceux de la table) j’avais eu l’occasion de constater une augmentation de sécrétions buccales et nasales. J’y étais habituée. Mais voilà que ceux du sexe commencent à me faire le même effet. Me voilà donc en pleine fellation, bavant du nez et de la bouche comme un animal, m’étouffant presque, et sans la moindre honte, au contraire.
Je me suis d’ailleurs vite rendu compte que je mouillais de partout, le corps moite, l’entrecuisse je ne vous en parle pas, et même les paupières trempées. Cet état confine à une forme de bestialité qui remonte du tréfonds de moi-même, dans laquelle cet étranglement d’un sexe enfoncé jusqu’au fond de la glotte et qui m’empêche de respirer, Le nez qui coule et m’empêche de souffler, tout cela m’excite profondément, savoir que mon partenaire le sait et le fait en connaissance de cause, que ça l’excite également, fait un tout sauvage et primaire. Mourir de tes mains, ou presque. Tu es le maître de mon souffle.
Dans le même registre mais plus subtile, dans le kinbaku, quand il me passe la main sur la gorge, ou la corde, et qu’il sent ma vie sous ses doigts, qu’il appuie, m’étrangle délicatement, et pourrait si facilement me l’enlever. Il se contente là aussi de jouer avec mon souffle, avec une forme de délectation dans le regard, et moi dans l’abandon.
« Je t’offre ma vie, elle t’appartient »
Et là mon corps vibre, et je pourrais me laisser mourir. Je ne suis que désir et que plaisir dans ces instants-là.
Il n’y a pas si longtemps cela n’aurait été qu’angoisse, et voilà que c’est tout le contraire. Voici toute l’ambiguïté de ma personnalité, mue par mon imaginaire et ma curiosité. Rien n’est jamais vraiment fermé, tout reste toujours possible.
Merci Maître Râ d’oser m’explorer.
Etrange transformation
Je viens de vivre deux subspaces ou deux « voyages » très spéciaux.
Il est évident que je vais de plus en plus loin dans mes ressentis en cours de séance. Mes voyages comme je dis. Il est évident que c’est progressif, et que d’une certaine façon je le vis comme une quête.
Mais cela prend un nouveau tournant, un peu différent, dans lequel je vais encore plus profondément en moi, libérant des sentiments ou des instincts que je n’avais que supposé avoir jusque-là.
La première fois, à la Fetish Halle, attachée à une cage dont le bruit m’excitait sans le moindre doute, me voilà, sous la main de mon Maître, devenir fauve rugissante et prête à mordre, pleine d’une rage féroce.
Une tigresse, une léopard ou une panthère, à apprivoiser, à dompter. Caresses et rigueur, force et volonté, et surtout beaucoup d’attention de la part de mon Maître, pour que « la féline » rende les armes à ses pieds.
Étrange et agréable combat intérieur, aux multiples couleurs et sensations. A revivre, passionnément.

L’autre expérience fut celle d’un shibari semi-suspendu, tendre et sensuel, dans une force contenue et maîtrisée. Là aussi voyage intérieur, mais pas seulement, car partagé par Maître Râ, vécu et ressenti à deux, différemment certes pour chacun de nous, mais intense assurément.
Pour ma part, une sorte d’ivresse de l’esprit, qui tangue et fait danser mon corps dans les cordes. Cordes dont je sens le contacte de façon exacerbée, dont le moindre frôlement me fait frémir, gémir, réagir. Excitation délicate, suggestion du souffle, des gestes, de la matière. Et puis, sur ma jambe droite, ce karada étonnant qui me fait une sensation de picotement délicat, et qui, lorsqu’il s’enlève doucement me fait comme de l’eau qui ruissèle. Délicieux. Je tombe, doucement, dans ce dédale de sensations, je me laisse emporter par cette étrange ivresse, et mon corps abandonné dans les bras de mon Maître est à sa merci, celle même de choir réellement car mes jambes ne me portent pratiquement plus et la suspension est défaite.
La danse se termine au sol, moite, absente et pourtant tellement proche de LUI, assis près de moi, visiblement imprégné de ce qui vient de se passer.
Comme pour la précédente expérience, je n’attends que d’y retourner, de la revivre et peut être d’aller encore plus loin…
Maître adoré… comment pourrait-il en être autrement.






