Archives de : juin 2009

Morsure

Hé oui, j’ai une vraie phobie des morsures. Maître Râ le sait, mais lui, il aime mordre. J’imagine très bien le genre de sensation que cela peut lui procurer, de l’excitation, mais aussi une sorte de domination, le pouvoir de tenir l’autre entre ses dents. Une certaine forme de sadisme également, car une morsure ça fait mal, et même quelque fois très mal, sans pour autant entrer dans la chaire. Il sait où mordre pour que cela fasse mal, et où mordre pour que cela soit une autre sensation. Jusqu’à ces derniers jours, ce n’était que douleur, parce que, sans le moindre doute, c’était son bon vouloir.

Pour moi, la peur d’être mordue (par les humains seulement, je ne crains pas les animaux) vient de ce qu’elle représente au niveau de l’agression physique. Elle entre dans ma chaire plus profondément que toute autre pratique SM. Le fouet ou la cire, tout comme les pinces ou autres pincettes ne touchent que la surface de la peau. Les aiguilles la traversent, mais en surface seulement. La morsure prend la chaire avec la peau, sa douleur traverse mes barrières et entre en moi. Je connais parfaitement la force d’une mâchoire, hormis le fait que les dents à elles seules peuvent sans trop d’effort trancher la peau, elles peuvent s’enfoncer sans peine plus avant. C’est une image qui me fait frémir d’épouvante à sa seule évocation.

Pourtant j’ai toute confiance en mon Maître, je sais que jamais il n’irait trop loin.

Les premières fois qu’il m’a mordillée avec un plaisir non dissimulé, je me suis rebellée, j’ai crié et tenté de le fuir.

Colère et frustration de sa part, panique de la mienne.

S’en suivit de longues discussions sur le pourquoi et comment de chacun. Je savais qu’il reviendrait à la charge toutes dents dehors, et espérais pouvoir maîtriser mon instinct.

Certaines personnes sont excitées par la douleur vive et brutale, ce n’est pas mon cas, pour moi elle doit avoir un sens.

De fait, mon Maître ayant parfaitement compris le problème, il s’y prit différemment.

En pleine séance de câlins, câlins très SM je précise, il commença à me mordiller le dos. D’abord douleur, maîtrise, rester en confiance, en état d’abandon. Puis il remonta sur l’omoplate, près de l’épaule ou la sensation devint autre, agréable, excitante. Il fit ce va et vient entre les deux zones plusieurs fois, jusqu’à que, rassurée, apprivoisée, j’en redemande…

Encore des sensations…

Lors de notre dernière séance de cire, il m’est arrivé une expérience des plus étrange.

La cire a toujours été pour moi quelque chose de particulier, une sensation que j’aime, que je trouve excitante, et qui me fait voyager. Mais cette fois là fut différente.

Tout d’abord la séance débuta un peu mal. Je n’étais pas très confortable et me crispait dans une position mal assurée. Mon Maître s’en aperçu et soucieux que je puisse ressentir pleinement les gouttes brulantes, il me changea de position. Je me détendis, me laissa aller.

Les yeux fermés, je suivais le parcourt plus ou moins cuisant des gouttes sur ma peau, me laissait promener par l’inspiration de mon Maître. Je n’avais pas conscience de savoir s’il avait une ou deux bougies en mains, si elles étaient grosses ou fines, peu m’importait d’ailleurs, seul comptait la sensation.

Pluie chaude, gouttes à gouttes, ou averse brulante… chaud, tiède, aïe ! Estompé par une première couche de cire ou à peau nue… mon esprit captif se laissait emporté et promener ainsi. Puis, oh étrange, une caresse en parallèle. Était-ce une caresse ? Mais oui.

Caresse-brûlure, douce brulante, de plus en plus caressante, de plus en plus brulante… et je m’envole, et je n’existe plus, je suis la caresse, je suis la brulure, je n’existe plus mais je vis… et la voix murmurée de mon Maître me sort de mon rêve :

- Souffle !

J’étainds la bougie, le regarde d’un air absent et dit, du regret plein la voix :

- Déjà ?

Hé oui ! L’expérience devait finir là, la bougie était au bout du bout, et Maître Râ se brulait les doigts.

Mais à n’en pas douter il recommencera et m’emmènera cette fois au bout du voyage.

Un subspace par la cire… le rêve.

Je me suis tout de même réveillée de celui-là secouée de spasmes, et déjà bien avancée dans un orgasme de la peau, du corps, comme avec le fouet, et qui est prometteur pour la suite.

Soirée du 12 juin au Cav’O

VendBondage privé 0609 011redi dernier se déroulait au Cav’O une soirée un peu particulière pour nous. Mon Maître appréciant particulièrement le bondage, moi aussi d’ailleurs, nous avons pu faire la connaissance de Philippe Boxis, présent ce soir là.

Accompagné d’un charmant modèle, il a fait plusieurs démonstrations de bondages et de suspensions, nous laissant admiratifs. La dextérité, la rapidité, mais aussi l’imagination dont il a fait preuve montrent non seulement une grande pratique, mais surtout un véritable don.

Certes Mon Maître a tout de même pris le temps pour nos jeux, nous avons pu nous retrouver dans notre bulle et profiter du fouet et de la cire, mais il a tout de même gardé un œil sur ce que faisait le Maître du bondage.

La chance de cette soirée fut surtout et en marge des démonstrations, la possibilité de poser des questions et d’apprendre de cette homme sympathique et très abordable.

Une chose reste certaine, nous participerons dés que possible au prochain work schop de Philippe Boxis.


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