Hé oui, j’ai une vraie phobie des morsures. Maître Râ le sait, mais lui, il aime mordre. J’imagine très bien le genre de sensation que cela peut lui procurer, de l’excitation, mais aussi une sorte de domination, le pouvoir de tenir l’autre entre ses dents. Une certaine forme de sadisme également, car une morsure ça fait mal, et même quelque fois très mal, sans pour autant entrer dans la chaire. Il sait où mordre pour que cela fasse mal, et où mordre pour que cela soit une autre sensation. Jusqu’à ces derniers jours, ce n’était que douleur, parce que, sans le moindre doute, c’était son bon vouloir.
Pour moi, la peur d’être mordue (par les humains seulement, je ne crains pas les animaux) vient de ce qu’elle représente au niveau de l’agression physique. Elle entre dans ma chaire plus profondément que toute autre pratique SM. Le fouet ou la cire, tout comme les pinces ou autres pincettes ne touchent que la surface de la peau. Les aiguilles la traversent, mais en surface seulement. La morsure prend la chaire avec la peau, sa douleur traverse mes barrières et entre en moi. Je connais parfaitement la force d’une mâchoire, hormis le fait que les dents à elles seules peuvent sans trop d’effort trancher la peau, elles peuvent s’enfoncer sans peine plus avant. C’est une image qui me fait frémir d’épouvante à sa seule évocation.
Pourtant j’ai toute confiance en mon Maître, je sais que jamais il n’irait trop loin.
Les premières fois qu’il m’a mordillée avec un plaisir non dissimulé, je me suis rebellée, j’ai crié et tenté de le fuir.
Colère et frustration de sa part, panique de la mienne.
S’en suivit de longues discussions sur le pourquoi et comment de chacun. Je savais qu’il reviendrait à la charge toutes dents dehors, et espérais pouvoir maîtriser mon instinct.
Certaines personnes sont excitées par la douleur vive et brutale, ce n’est pas mon cas, pour moi elle doit avoir un sens.
De fait, mon Maître ayant parfaitement compris le problème, il s’y prit différemment.
En pleine séance de câlins, câlins très SM je précise, il commença à me mordiller le dos. D’abord douleur, maîtrise, rester en confiance, en état d’abandon. Puis il remonta sur l’omoplate, près de l’épaule ou la sensation devint autre, agréable, excitante. Il fit ce va et vient entre les deux zones plusieurs fois, jusqu’à que, rassurée, apprivoisée, j’en redemande…

redi dernier se déroulait au Cav’O une soirée un peu particulière pour nous. Mon Maître appréciant particulièrement le bondage, moi aussi d’ailleurs, nous avons pu faire la connaissance de Philippe Boxis, présent ce soir là.