J’ai eu l’occasion depuis que je pratique le SM de constater certains comportements particuliers qui m’ont fait réfléchir sur les motivations des Dominants face à la soumission.
Souvent, il faut le dire, le Dom se prend un peu pour Dieu (sourire). Pour satisfaire son égo, bien entendu, mais de diverses façons. Soit parce qu’il cherche l’adoration de la soumise, dans son regard, dans son attitude, soit parce qu’il se veut tout puissant face à elle. Ou les deux, dans les cas extrêmes (re-sourire).
Il ordonne, décide, entend être obéi, et c’est très bien ainsi. C’est en principe ce que cherche la soumise. Mais alors ? La soumise voit-elle un Dieu en son Dom ? Ou le substitue-t-elle à lui ?
Grande question là aussi.
Un prince charmant quelques fois, un Dieu… parfois. Moi qui suis une femme de foi, il est vrai qu’il m’arrive de “tester” mon abnégation en substituant mon Maître à mon Dieu, si l’on peut dire. Il est vrai que notre rencontre est survenue dans des circonstances et d’une façon qui rend la chose possible. Je n’entrerais pas dans le sujet, la question n’est pas là. Mais il est vrai que pour moi, cette abnégation, cette adoration, est le prolongement de ma foi. Mais ceci n’est valable que pour moi.
Il est question là des Doms, et le mien, je le sais, aime se prendre à l’occasion pour Dieu (en toute modestie…), avec sa soumise, sa chose, sa création pourrais-je dire. Il décide, ordonne, et j’obéis, faisant et devenant ce qu’il souhaite sans le moindre doute, la moindre hésitation.
Je sais qu’il n’est de loin pas une exception, et que d’autres cultivent cette façon d’être plus profondément que lui. Par respect pour moi, pour la femme que je suis, il se limite aux seules séances, me laissant être moi-même le reste du temps. Je lui en suis reconnaissante, car j’y perdrais certainement ma personnalité et donc ma créativité.
Je ne l’en aime que d’avantage, et lui voue une admiration croissante pour cela.

Dominant ou Dieu?
Les soumises sont-elles vraiment soumises?
Durant mes quelques années de pratique BDSM j’ai eu bien souvent l’occasion de constater un phénomène particulier. Les soumis et soumises sont souvent revendicateurs (trices), demandent, réclament, voir exigent de leurs Maîtres(Maîtresses) telles ou telles pratiques, jeux ou implications. D’ailleurs on les surnomme souvent « souminateur ».
Un de nos bons amis Dom nous disait autrefois » qui du Dom ou de la soumise dirige? » sous entendant que dans la plus part des cas c’est la soumise qui mène le bal. Le Dom propose et la soumise dispose. J’ai eu l’occasion de voir que c’est aussi souvent le cas avec les soumis.
Cela est-il bien raisonnable? Cela est-il bien BDSM?
Grande question!
Pour moi c’est un non-sens. Certes l’écoute est primordiale, le dialogue aussi. Mais le dialogue véritable n’est pas revendicatif.
Où est passé l’humilité? Celle qui fait baisser les yeux, qui fait taire la soumise devant son Maître. Ce n’est pas parce qu’il ne l’exige pas qu’il faut la mettre au placard et l’oublier. La soumise ne s’est-elle pas offerte pour être sous son jouc, aussi doux soit-il? Ne lui doit-elle pas le respect?
Pourquoi alors, après une séance vient-elle dire que c’est trop court, trop fort ou pas assez, que les séances sont trop rares, etc… De quel droit?
Pour moi, la soumise a deux choix, ses revendications s’arrête là. Celui d’accepter ou de rendre le collier du Maître qu’ELLE a choisi, et de dire STOP. Au-delà de ces deux choix, elle se doit de satisfaire et d’obéir à son Maître, le plus doux et gentil soit-il, parce que c’est simplement le juste comportement d’une soumise.
Par définition la soumission exige de se mettre sous le Dominant, de lui obéir en toute chose et sans discussion. Dans ce contexte je ne vois pas ce que viennent faire les rouspétances, revendications, impatiences, et autres exigences. Attendre le bon vouloir du Maître, se consacrer à son bienêtre et à son bonheur, se plier aux séances selon ses désirs et ses besoins, pour le satisfaire avec abnégation, voilà qui pour moi ressemble d’avantage à une soumission concrète.
Mais bien entendu et compte tenu de ce que j’ai pu voir autour de moi, si cela ne devait être que comme cela, il n’y aurait pratiquement plus de soumises.
Que penser donc entre le « qui je veux être » et le « qui je suis »? Un véritable fossé. Et si ces soumis et soumises, avant d’exiger des autres, commençaient par exiger d’eux-mêmes?
Masochisme expiatoire ou masochisme de plaisir…
Depuis que je pratique le sm, j’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal de soumises, toutes différentes les unes des autres, bien entendu. Certaines plutôt DS, d’autres très maso. Chacune a son ressenti, ses besoins, ses recherches.
Mais j’ai pu voir que parmi les masochiste il y avait deux catégories qui ressortent principalement. Enfin une plus que l’autre d’ailleurs. C’est un masochisme expiatoire, dans lequel la soumise s’auto puni au travers des sévices du Dom. Elle va ressentir la douleur telle qu’elle est, la vivre, et se l’infliger le plus loin possible, jusqu’à la perte de connaissance si possible, jusqu’au stop dans le meilleur ou le pire des cas.
Je ne fais pas partie de cette catégorie de soumise, mais je reste dans une forme d’extrême. Je suis masochiste, cela ne fait aucun doute. Mais j’aime la douleur non pas pour me punir mais pour les plaisirs qu’elle m’apporte. Selon l’intensité, je vais la transformer en voyage, en sub space, ou en orgasme. Elle devient alors un instrument, un détonateur, une sorte de moteur pour ma quête de plaisir. Car pour moi c’est bien le plaisir la clef de tout. Je fais un SM de plaisir et je suis masochiste par recherche de plaisirs et de sensations.
Mais toutes les formes de masochismes sont belles, tout comme toutes les formes de soumissions. Dés que la sincérité, et l’abandon se manifestent, ils subliment la personne.
Les yeux bandés
Les yeux bandés sont une pratique courrante et typique du BDSM. Quelle soumise ne s’est pas déjà trouvée aveuglée, et dépendante totalement par cette pratique, de la volonté de son Maître.
Se retrouver ainsi aveuglée et le supporter, l’accepter, est une grande marque de confiance vis-à-vis de celui qui officie. Pour certaines cela va de soi, pour d’autre c’est moins facile. Pour certaines cela aide à entrer dans le jeux, et a y rester, pour d’autres c’est au contraire un défi à relever, une contrainte supplémentaire.
Je fais plutôt partie de la seconde cartégorie. Les yeux bandés je perds l’équilibre, j’ai des vertiges, c’est donc un défi et une contrainte, mais aussi une preuve de soumission et d’acceptation de la volonté de mon Maître.
Nous n’aimons pas toujours ce que l’on nous impose, mais la contrainte ne fait-elle pas partie du BDSM…
Découverte
J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’assister à l’initiation de femmes au SM. Je dis femmes, parce qu’elles n’étaient pas ou pas encore soumises.
J’ai pu voir sur leurs visages la même perplexité, les mêmes interrogations, que j’ai connues lors de mes premières séances: pourquoi est-ce si agréable? ai-je mal ou pas? qu’est-ce que je fais là à me faire souffrir ?
Il y a aussi les questions de l’après. Lorsque les sensations ont été si fortes, à la limite du supportable, tellement différentes, tellement nouvelles. Ce sentiment de ne pas arriver à redescendre de son nuage, les sensations « bizarres » dans la tête, une sorte de plénitude étrange. Tout cela provoque des interrogations normales, saines, naturelles. Je répondrais, oui c’est normal, oui cela va mettre un moment à passer, mais oui vous redeviendrez vous-même. Par contre il y a de fortes chances que cela développe une addiction.
Cette addiction, tout comme la soumission elle-même, peut faire peur. D’ailleurs elles en ont découragées certaines. Après bien entendu, tout dépend de ce que l’on cherche. Mais on ne ressort jamais indifférente de sa première séance. Surtout si elle est forte, comme celles que distille Maître Râ…
Je rêvais aussi au Prince Charmant
Soumise parfois insoumise, à l’imaginaire fertile, à l’humour spontané, j’étais un défi à relever pour le Dominant qui voulait me mettre à ses pieds ou me prendre dans sa main. Ce défi en a découragé plus d’un, insensible à la magie de l’esprit, ou rebuté par l’effort. Certains ne comprenaient juste pas qu’une soumise puisse avoir de la suite dans les idées.
Moi je cherchais mon prince charmant. Et oui, j’y croyais encore, et en matière de prince charmant, j’ai toujours fantasmé sur celui qui m’enlèverait et m’asservirait par sa force, sa volonté et son intelligence. Chose qui, en quarante neuf ans de vie, n’était jamais arrivé.
Mon prince ne m’a pas enlevée certes, je suis même venue à lui. Mais si j’ai fait ce geste, c’est qu’en quelques mots seulement, il a su me convaincre.
Pour le reste, si je suis sa soumise depuis trois ans, c’est qu’il a su trouver les mots, les gestes, et surtout les sensations qui ont su me charmer, me plaire, pour que je m’incline devant lui, que je me plie à lui appartenir, que je me soumette de bonne grâce et avec plaisir.
Car entre nous le plaisir est le maître mot. Son plaisir, mais aussi le mien. Car mon plaisir est le sien, et son plaisir est le mien. Là est toute la magie de mon « Prince Charmant »
A mon Maître, sa Douce, sa Saphir dévouée.
Trois ans déjà.
Comme tout cela a vite passé, et pourtant que de vécu, que d’expériences, et de rencontres riches et heureuses.
Que de moments forts. Et tant encore à venir.
Et que de bonheur, de complicité.
Je suis ta soumise, ton ombre, ta servante.
Je suis ta compagne, ta maitresse, ton amie.
Mais surtout ta Douce, celle qui toujours est dans ta main.
Avec tout mon amour, durant les trois années passées, et les prochaines je l’espère.
Il y a plaisir et plaisir
Je me rends compte de plus en plus que ce qui compte pour moi dans une séance est d’avantage le plaisir « du voyage » que celui de l’orgasme.
Je précise. Certes L’orgasme reste une pièce maîtresse de la séance, mais si celle-ci se déroule sans voyage, elle m’apportera moins que celle qui ne sera que voyage, même sans orgasme.
Le voyage va m’emmener à la fois au-delà et en moi-même. Il me fera oublier qui je suis, pour n’être que celle que mon maître veut que je sois, et aller là où il souhaite m’emmener. Je me laisse porter par les sensations qu’il m’offre, douces, sensuelles, ou douloureuses, mais dont toujours, le but est d’amener à ressentir le désir de les suivre.
Aller, monter, descendre, aller plus loin encore, revenir, rester, repartir, encore et encore. Ressentir, attendre, puis ressentir encore. Tout cela fait partie du délice lancinant du voyage, qui n’a pas toujours pour but (rarement même) d’aboutir à l’orgasme. Quelque fois celui-ci me prend par surprise, me fauche en plein vol, mais il n’est pas un but en soi. Sauf bien sûr avec certains instruments, tel que le fouet, les martinets et cravaches. Les instruments de frappe, qui eux me font « monter très vite », incitent à la production d’endorphines.
Bien entendu, l’idéal reste l’équilibre entre ces deux formes de plaisir. Et j’ai beaucoup de chance, car Maître Râ me l’offre régulièrement.
Soirée spéciale
Invités par Lady Pascale, nous avons eu l’occasion de découvrir un nouveau lieu de divertissement SM. Une véritable caverne au trésor, située en Suisse-Alémanique.
Un peu stressé, comme chaque fois que nous découvrons un nouvel endroit, nous nous sommes rapidement détendus face à l’accueil chaleureux et sympathique des personnes présentes. Lady Pascales y fut pour beaucoup, sachant nous mettre immédiatement à l’aise. Et malgré le fait que la grande majorité des participants à la soirée parlaient allemand, nous nous sommes intégrés facilement.
La Fetishhalle est un endroit très particulier, divisé en quatre parties distinctes sur trois étages. Une halle de démo où se tiennent les fêtes et les show, une salle de restauration, une « clinique » et la pièce qui nous intéresse le plus, mon Maître et moi, la salle SM.
Jamais je n’avais vu autant d’installations. Le rêve du Dom et de la soumise. Sans compter l’espace. Mais surtout nous avons eu l’occasion de rencontrer Paul, qui s’occupe de cet endroit magique avec autant de discrétion que de compétence, et qui est aussi charmant qu’atypique.
Mais pour en revenir à ce que nous avons vécu, Je dirais que même si nous avons investi complètement les lieux, nous sommes loin d’en avoir fait le tour. Je n’ai testé qu’une toute petite partie du matériel à disposition, et rêve de retourner là bas pour expérimenter le reste. Je sais qu’il en va de même pour mon bien aimé Maître.
L’abandon
Cet instant magique, merveilleux, où tout bascule, où plus rien n’existe que le Maître.
J’aime infiniment cet état. La main qui se pose sur moi, qui me tient, qui prend possession de mon âme. Je me laisse aller, glisser, et m’abandonne totalement.
Alors je n’existe plus, ne vit plus que pour mon Maître, par lui, en lui. Mon corps devient son instrument, il n’est plus que sensations, alors que mon esprit n’est plus qu’acceptation.
Il peut exiger n’importe quoi, je le suis en toute confiance. Car dans cet abandon, précisément se retrouve cette confiance totale et cette conscience qu’entre ses mains rien de mauvais ne peut m’arriver. Je connais son attention de chaque instant, sa vigilance, elle m’a plus d’une fois préservée de moi-même.
Ainsi, plus nous partageons d’expériences, plus mon abandon est profond, total.
Merci Maître de me prendre dans tes mains.
